Rencontrez Martina Rossi : Rédactrice scientifique et médicale indépendante
Je suis à moitié italienne et à moitié brésilienne. J’ai grandi à Santa Maria di Leuca, un petit village du sud-est de l’Italie, situé au bord de la mer.
Où et dans quel domaine avez-vous effectué votre doctorat ?
J’ai réalisé un doctorat en biologie vasculaire, avec une spécialisation dans les maladies rares. J’ai mené mes recherches en France, à l’Inserm de Grenoble, au sein du réseau Marie Skłodowska-Curie, un programme international de formation reliant 14 doctorants à travers l’Europe.
Pourquoi avez-vous décidé de faire un doctorat ?
J’étais profondément attirée par l’idée d’apprendre à concevoir et à mener mes propres projets de recherche. Pour moi, le doctorat représentait le plus haut niveau de formation académique et une occasion de développer une véritable indépendance scientifique.
Quelle a été votre première étape après l’obtention du diplôme de doctorat ?
Honnêtement, j’ai d’abord pris le temps de souffler. J’ai voyagé, fait du surf et me suis consacrée à des activités qui m’ont permis de me ressourcer mentalement et physiquement, après cette période intense.
Aviez-vous un projet professionnel clair à ce moment-là ?
Pas du tout. En revanche, je savais clairement que je ne souhaitais pas rester dans la recherche académique traditionnelle, qui me paraissait trop spécialisée. Parfois, savoir ce que l’on ne veut pas est déjà une étape importante.
Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez fait face ?
Le plus grand défi a été de construire un réseau professionnel en dehors du monde académique et de comprendre quelles carrières alternatives étaient accessibles avec un doctorat.
Quel est votre poste actuel et dans quel secteur travaillez-vous ?
Je travaille actuellement comme rédactrice médicale et scientifique indépendante, à l’interface entre le monde académique et l’industrie. Je réalise également des analyses de bio-informatique pour des projets de recherche.
En quoi votre doctorat vous est-il utile dans votre poste actuel ?
Il est pertinent à 100 %. Je reste fortement impliquée dans la recherche, sans toutefois porter l’entière responsabilité de la gestion de mes propres projets expérimentaux.
Quelles compétences développées pendant votre doctorat utilisez-vous le plus ?
Les compétences transversales que j’utilise le plus sont la rédaction et la communication scientifiques, l’esprit critique, la résolution de problèmes, la gestion du temps et de solides capacités d’organisation.
Avez-vous connu une ou plusieurs transitions de carrière ?
Pas vraiment. Je me suis orientée directement vers la rédaction médicale en freelance, après mon doctorat.
Cette orientation était-elle choisie ou imposée ?
Elle était entièrement choisie.
Quel a été l’aspect le plus difficile de ces changements ?
Les débuts ont été les plus difficiles : trouver des clients, instaurer une relation de confiance, essuyer de nombreux refus et travailler de longues heures (y compris les week-ends) pour m’établir professionnellement.
Avec le recul, referiez-vous un doctorat ? Pourquoi ?
Oui, absolument. Il a façonné la chercheuse et la professionnelle que je suis devenue. Je le referais sans hésiter.
Que diriez-vous à un doctorant qui doute actuellement ?
Le doute fait partie du parcours. Un doctorat ouvre bien plus de portes que la seule carrière académique, et les compétences que vous développez sont hautement transférables. Restez curieux, flexibles et souvenez-vous que votre trajectoire n’a pas besoin d’être linéaire.
Quelle est votre plus grande réussite depuis votre doctorat ?
Avoir créé ma propre activité de rédaction médicale et m’être établie comme professionnelle indépendante travaillant avec des clients internationaux.
Comment envisagez-vous les prochaines étapes de votre carrière ?
Je souhaite continuer à développer mon entreprise, approfondir mon implication dans l’analyse de données et la bio-informatique, et participer à des publications scientifiques à fort impact.
Quels conseils donneriez-vous aux titulaires d’un doctorat en transition professionnelle ?
Commencez à explorer tôt, échangez avec des personnes en dehors du milieu académique et ne sous-estimez pas la valeur de vos compétences. Surtout, soyez patients : construire une nouvelle identité professionnelle prend du temps, mais c’est tout à fait possible.
